Le Mojoca - Mouvement des jeunes des rues de Guatemala

30 novembre 2010

On remets ça le 5 décembre!

Après le beau succès de l'année passée nous avons repris rendez-vous avec Saint Chocolat au profit des enfants des rues du Guatemala. Il a accepté!!! :-)

Au programme:

Spécialités diverses autour du thème du chocolat
présence de St Nicolas
Brocante de jouets

5 décembre de 14 à 17h30
Salle La Fermette à Evere.


Venez nombreux et diffusez autour de vous!!!!

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30 octobre 2010

Bulletin Septembre 2010

LES RUES DU GUATEMALA ET LE MOJOCA
Septembre 2010

Chères amies, chers amis des filles et garçons de la rue,

Depuis des semaines de silence, dû à des problèmes de santé qui m’ ont fait retarder
mon voyage au Guatemala, je vous envoie la première lettre, non de la rue, mais
sur la rue. Je suis quotidiennement en contact avec le Mojoca par courriel ou skype,
surtout avec les jeunes du Comité de gestion, avec les départements d’ administration
et de comptabilité, avec la maison des jeunes femmes et enfants. Nora, qui devait
m’ accompagner au Guatemala pour un mois, y est allée seule et a fait un bon travail de
supervision et de formation.

PLUIES TORRENTIELLES DEPUIS DEUX MOIS.

Des tempêtes tropicales, des pluies torrentielles depuis au moins deux mois, sont en
train de causer des ravages incalculables, glissements de terrain qui ensevelissent des
dizaines de personnes, destruction de tronçons de routes intercontinentales qui rendent
les communications impossibles. Et comme toujours, les plus atteints sont les pauvres.
Beaucoup de Quetzalitas et beaucoup de jeunes sont en danger, ceux qui vivent dans
des conditions précaires avec leurs enfants, souvent dans des baraques construites au
bord d’ un ravin dans un des nombreux bidonvilles de la capitale.

Beaucoup d’ enfants sont avec leur mère dans un hôpital public misérable pour une
bronchopneumonie et il y a environ un mois, un enfant de cinq ans qui vivait dans la
Maison du 8 mars avec sa mère Myriam et sa petite sœ Mishell, est mort à l’ hôpital
ur
général Saint Jean de Dieu.

DES BANDES CRIMINELLES ONT LE CONTRÔLE DE ZONES DE PLUS EN
PLUS ÉTENDUES DU TERRITOIRE.

Comme dans les années de la guerre civile au Salvador il y avait les zones
libres contrôlées par la guerilla, le Guatemala a de plus en plus de zones et de
quartiers « libres » dominés par des bandes de délinquants et où l’ armée et la police
n’ osent pas entrer. C’ est le cas du « Limón », quartier périphérique de la zone 18, où
j’ ai vécu dix ans dans la maison de mon grand ami Piero Nota. Piero fut contraint il y
a quelques années, de retourner en Italie avec la famille qui vivait avec lui parce que,
après des menaces sans effet, les narcotrafiquants ont fait irruption dans la maison,
les contraignant à l’ exil. Leur travail avec les jeunes leur enlevait de la main d’ œ
uvre.
Beaucoup de nos jeunes vivent au Limón ou dans des quartiers et bidonvilles dans des
conditions dangereuses. Les prix pour louer une ou deux chambres sont plus bas parce
que les gens s’ enfuient et les commerces ferment.

ON A ASSASSINE ERIKA

On l’ appelait « la Lapine ». Elle avait été la compagne d’ un des chefs d’ une mara plus
cruelle qui, de la prison, continuait ses activités criminelles. Elle avait eu un fils de lui.
Puis, elle est entrée à la maison des filles où elle avait fait des progrès spectaculaires.
Elle travaillait comme assistante cuisinière. Elle a eu un second fils ; le premier était
jaloux, ne mangeait plus et régressait. La mère a tenté de résoudre les problèmes de

la manière forte. Quelques-uns ont proposé de la punir, mais au contraire, avec Naty,
nous lui avons expliqué les raisons du comportement de son fils et conseillé une façon
différente de le traiter. Elle l’ a fait et en peu de temps, la situation avait radicalement
changé, mère et fils ont vécu le moment le plus beau, je pense, de leur vie.

Ensuite, elle a trouvé un autre compagnon et ils sont allés vivre tous les quatre dans
une chambre louée. Après une brève lune de miel, ont commencé les problèmes, les
coups, la drogue. Ils se sont séparés et elle est retournée à la rue. Elle avait conservé
des liens avec l’ ex-compagnon des maras. Elle a été arrêtée et incarcérée. Libérée, elle
est retournée à la même vie après avoir confié ses enfants à un juge qui les a enfermés,
pauvres petits, dans une institution où nous n’ avons pas le droit d’ aller leur rendre
visite. Leur futur est incertain, entre l’ adoption ou la rue.

Puis la conclusion tragique de la vie brève d’ Erika, retrouvée assassinée jeudi dernier.
Des sentiments divers m’ étreignent, la douleur de la perte d’ une personne chère, qui a
vécu avec nous dans notre maison et le goût amer de la défaite parce que je n’ ai pas,
nous n’ avons pas été capables de les sauver, elle et ses enfants. Nous avons encore
beaucoup à apprendre sur l’ aide à donner à qui sort de prison et qui fait souvent peur
à cause de ses liens avec les maras. Nous avons encore beaucoup à apprendre pour
donner la priorité à qui en a le plus besoin.

FINALEMENT, L’ ENTREPRISE DU MOJOCA VA DEMARRER ; ELLE
S’ APPELLERA PROBABLEMENT « ATELIERS SOLIDAIRES ».

Son but est de donner du travail aux filles et garçons sortis de la rue ou qui veulent en
sortir, à partir de nos ateliers de boulangerie, pâtisserie, cuisine et couture. Et, si c’ est
possible, nous voudrions faire des bénéfices pour subventionner les autres activités du
Mojoca. C’ est depuis 2007 qu’ on en parle et depuis 2008 qu’ on cherche le moyen de la
réaliser. Nous avons dû nous résoudre à l’ échec des programmes de micro-entreprises
et de réinsertion professionnelle et une association italienne a proposé une subvention
pour cette initiative.

L’ initiative n’ était pas facile : il fallait trouver des personnes capables de monter une
entreprise avec des jeunes non habitués à travailler et trouver la voie qui permette à une
association non lucrative de le faire. Ce fut l’ objet de la première réunion du Conseil
d’ Administration dès mon arrivée au Guatemala avec Nora. J’ ai demandé à Mirna Cute
qui a étudié dans une faculté d’ administration d’ entreprise, si elle voulait se charger de
la responsabilité de l’ entreprise et elle s’ est montrée immédiatement intéressée.

Mais les temps n’ étaient pas mûrs. Tout fut bloqué en août 2008 avec les tentatives
d’ extorsion et les menaces de mort contre plusieurs d’ entre nous et le renom de
l’ administratrice du moment. Beaucoup avaient peur, quelques-uns pensaient à
démissionner. Ce n’ était pas le moment pour de nouvelles initiatives.
Il fallait rassurer en prenant des mesures de sécurité, continuer les activités existantes,
trouver une nouvelle administratrice. Tout cela se passait pendant que se reconstruisait
la maison de la treizième rue et que les activités étaient dispersées dans différents
endroits.

Il a fallu presque deux ans pour trouver le moyen qui nous permette d’ émettre des
factures. Après une étude attentive, nous avons écarté l’ idée de société anonyme ou
personnelle parce qu’ elle aurait donné à d’ autres l’ entreprise du Mojcoa et aussi la
coopérative parce qu’ il était impossible pour nous d’ avoir les conditions requises par la

loi. D’ autres propositions ont été refusées par le Bureau des Recettes et finalement nos
réviseurs de comptes ont obtenu la permission d’ émettre des factures pour les produits
de nos ateliers sans perdre notre statut d’ association non lucrative exempte d’ impôts.

En août de cette année, Patty Garcia, qui était la responsable des ateliers, des
micro-entreprises et de la réinsertion professionnelle, a renoncé à son travail. Les
circonstances étaient favorables pour relancer la proposition de confier à Mirna la
responsabilité des ateliers solidaires, ce dont je n’ avais cessé de parler avec elle durant
les deux dernières années. Nora a su saisir ce moment favorable pour proposer à
nouveau cette idée.
Mirna commence son nouveau travail ce 16 septembre J’ espère qu’ elle pourra
atteindre de façon raisonnable les objectifs de son contrat, dans un climat d’ amitié et de
collaboration avec tout le Mojoca. A elle et à tout le Mojoca, mes vœ affectueux de
ux
réussite.

AUTRES CHANGEMENTS.

Melina Garcia a été nommée à la Maison du 8 mars, au poste de Mirna. Elle est jeune
mais très appréciée par les filles et par les enfants de la maison et je pense qu’ elle
travaillera en harmonie avec Naty et contribuera au développement de la maison. Mes
vœ affectueux aussi pour elle et pour toute la communauté des filles.
ux

Nous préparons d’ autres changements pour le début de l’ année 2011.

Les progrès considérables de notre école avec trois nouveaux instituteurs – on prévoit
au moins dis fois plus de promotions que l’ année dernière – sont la preuve qu’ il faut
avoir le courage d’ accomplir les changements nécessaires.

LES LECONS D’ UNE CHUTE.

Les problèmes de santé, conséquences d’ une chute que j’ ai faite début juin, rendent plus
nécessaire que jamais la participation de tous, au Guatemala, en Italie et en Belgique.
J’ espère avoir le temps nécessaire pour former les cadres du Mojoca. Des personnes
expertes au niveau international comme Ellen, Verryt de « Solidarité Mondiale »
ou dirigeants d’ ONGs locales ou de syndicats, apprécient beaucoup notre présidente
pour sa vision de la société, sa capacité à élaborer des comptes-rendus descriptifs et
d’ élaborer des projets. Elle montre aussi des dons de médiatrice, comprend bien notre
projet. Son expérience de la vie de la rue lui donne une grande sensibilité sociale. Notre
psychologue a fait de grands progrès dans son travail professionnel et est une bonne
formatrice. Malheureusement, la seconde psychologue, Patty Morales, nous quitte ; elle
se marie et va vivre au Pérou. Elle a très bien travaillé avec les Mariposas et a réussi
à faire parler de leurs problèmes les enfants qui ont subi des violences sexuelles. Le
secteur de la comptabilité est efficace ; la secrétaire travaille de manière excellente. Les
nouveaux instituteurs sont très bons et, qui plus qui moins, tous les jeunes du Comité
de gestion se sont responsabilisés davantage. Toutes et tous commettent des erreurs,
doivent s’ améliorer mais ma vision du personnel est positive.
Mais plus que jamais, chères amies et chers amis, les filles et les garçons de la rue et du
Mojoca ont besoin de votre amitié pour réaliser leurs rêves.

Je vous embrasse cordialement,

Gérard

Posté par sundreen à 08:54 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

15 septembre 2010

Des nouvelles du Mojoca

Le Mojoca bruxelles n'a plus été très actif ces derniers temps pour causes d'autres activités diverses mais les activités continuent au Guatemala. je vous enverrai bientôt la newsletter de septembre!

Merci pour votre patience!

Sandrine

Posté par sundreen à 08:54 - Commentaires [0] - Permalien [#]

10 décembre 2009

Le grand goûter tout chocolat. C'est déjà fini!

Le grand Goûter Tout Chocolat a été une belle réussite! Une petite centaines de personnes (petits et grands) est venue rencontrer le grand Saint et déguster de délicieuses spécialités chocolatées. Un beau moment de convivialité et de sensibilisation à ce que vivent les enfants des rues.

Voir l'album

Nous avons récolté près de 550€. L'argent a été envoyé directement au Mojoca via la compte d'Oxfam.

Merci à tous !

DSCN0554

07 décembre 2009

La recette de la Charlotte au Chocolat!

Charlotte au chocolat



Ingrédients :

  • 350 gr chocolat fondant
  • 4 jaunes d’œufs
  • 175 gr beurre
  • 100 gr sucre impalpable (farine)
  • 6 blancs battus
  • Déco



Recette :

Faire fondre le chocolat au bain-marie.

Mélanger le sucre, le beurre et les jaunes d’œufs.

Battre les blancs en neige ferme.

Ajouter le chocolat au 1er mélange puis les blancs battus.

Mettre dans une forme tapissée de Reynolds beurré.

Mettre au frigo et couvrir (1 nuit).

Démouler, décorer de biscuits « Boudoir », crème fraîche, …

Bon appétit !

Posté par sundreen à 22:54 - Commentaires [0] - Permalien [#]


21 novembre 2009

Grand Gouter tout chocolat pour le Mojocolat

Chers Amis,

img005Le Mojoca Bruxelles à le plaisir de vous inviter à son premier goûter tout chocolat qui permettra de contribuer au lancement d'un projet de chocolaterie artisanal pour permettre aux enfants des rues de Guatemala City de s'intégrer dans la société. C'est le projet Mojocolat.  Voir invitation en annexe.

Où?
Nous avons le plaisir de bénéficier de la salle la Fermette. 1,3 Rue de la Marne à Evere.(remerciement à la commune d'Evere).
Itinéraire http://www.viamichelin.be/viamichelin/fra/dyn/controller/Cartes?layers=0001&strLocid=34MTE1MTJ0MngwMDMzbjExMDU1Nng2NGNOVEF1T0RjM013PT1jTkM0ek9UY3dNdz09Y05UQXVPRGMzTmpZPWNOQzR6T1Rnek1RPT1jTlRBdU9EYzNOalk9Y05DNHpPVGd6TVE9PTBmUnVlIGRlIGxhIE1hcm5l&empriseW=650&empriseH=450)
Tram 55 arret Tilleul.

C'est un très joli bâtiment classé avec plusieurs salles permettant d'organiser des animations dans une salle séparée pour les enfants.

Quand?
Le jour de la Saint Nicolas comme il se doit... Le grand Saint sera là pour rencontrer les enfants sages et moins sages.
Le 6 décembre de 14h30 à 17h.

Quoi?
Diverses spécialités chocolatées seront à déguster... du gateau au profiterolles en passant par la dame blanche, le chocolat chaud etc..
Il y aura également des  boissons fraiches, du café et du thé.

A côté des plaisirs gustatif il y aura évidemment la présence de Saint Nicolas ainsi que quelques jeux et animations et une explication du projet.

Pour quoi?

Le Mojoca (Movimiento de los jovenes de la calle) est un réseau qui travaille avec les jeunes des rues de Guatemala City depuis de nombreuses années.
L'objectif est d'accompagner les garçons et les filles dans un processus de formation intégral, scolaire, professionnel et personnel pour qu'ils puissent réaliser leurs rêves et s'insérer dans la société comme des citoyens responsables.
Il s'agit d'accompagnerment car ce mouvement base son énergie sur l'autogestion par les jeunes.
Plus d'information sur le site www.amistrada.net (en Italien et en Français développé par le groupe de réseau Italien)

Le Mojoca Bruxelles est une antenne du mouvement de solidarité pour le Mojoca. Il se compose principalement de familles avec enfants qui participent activement au projet; Un projet par les enfants pour les enfants.

Un gouter qui promet d'être joyeux et solidaire!

Au plaisir de vous y voir :-)

10 octobre 2009

Les rêves de deux jeunes filles

Posté par sundreen à 22:39 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

12 septembre 2009

Visite au Mojoca Aout 2009

Un mois déjà,  plus d' un mois que j’ai rendu visite au Mojoca à Guatemala City. De retour en Belgique, la vie ‘normale’ et son rythme m’ont happée directement.. et le temps est passé.

Mais je veux absolument partager mes impressions, alors voilà... Je le fais sous forme de blog car il est facile de combiner du texte et des images et cela nous permettra peut-être de nous en servir comme base pour communiquer l'avancement du projet du Mojoca.

L’objectif de ce voyage de 3 semaines au Guatemala était d’abord familial, retrouver mon frère, ma belle-sœur et sa famille et passer du temps avec ma fille et ma maman. Mais je ne voulais évidemment pas rater l’occasion de revoir Gérard et découvrir le Mojoca (ajouter un lien vers un article, qu'est ce que le Mojoca) !

Le Guatemala est un pays de mystère et de contraste... de mystère par ses contrastes.

Un des pays où la disparité entre les riches et les pauvres est la plus grande, un pays ou de 60 à 75% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté (selon les sources et les définitions),  mais dont cette extrème pauvreté ne se voit pas si on  ne veut pas la voir. Un pays où se contruisent pas nouvelles routes, des centres commerciaux hypermodernes

Tikal_Futuracrise_alimentaire_au_Guatemala_img_left

(Photo: mayacoeur.blogspot.com/)

(ce genre de contraste se voit chez nous aussi, il suffit de se rendre à la rue Neuve)

Un pays de sourires, de gentillesse, de spontanéité ...et un pays de violence dont les statistiques d'assasinats se suivent de façon banale dans les journaux, dont les "macdos" sont gardés par de jeunes vigiles armés et dont l'histoire de guerre civile est encore très proche.

2596_niaos_chisec  guatemala_432

((c) photos: http://www.rfi.fr/actufr/articles/093/article_56231.asp et www.concordeurope.org/.../2596_niaos_chisec.jpg)

Un pays à l'urbanisation galopante et à la végétation luxuriante...

Un pays dont les bus crachent une fumée noire et où j'ai visité une maison passive étonnante.

Visite au Mojoca

Nous avons convenu avec Gérard de nous rencontrer le 12 août la maison ‘de l’Amitié’, un des trois bâtiments qu’occupe le Mojoca. Il s’agit de la maison où sont donnés les cours et les formations pour les jeunes de la rue.

C'est une belle maison ocre avec patio intérieur entourés des différentes salles de cours.

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Cours d'informatique

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Cours de dessin

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Cours de cuisine

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et d'autres..

Sur les murs sont affichés les principes du Mojoca ainsi que les droits et devoirs des jeunes.

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Notre vision: les filles et les garçons de la rues ont l'intelligence, les capacités et les valeurs nécessaires pour se rendre responsable de leur vie, de s'insérer dans la société comme citoyens et citoyennes responsables, diriger leur propre mouvement et contribuer à construire une société plus juste.

L'ambiance y est souriante et semble détendue malgré les menaces reçues (cfr lettre de la rue de Gérard)  mais les circonstances nous empêchent de faire une visite prolongée.

Nous avons néanmoins l'occasion d'assister à une séance de formation et d'échange sur la création de microentreprise. Le marché de l'emploi est tel que pour s'en sortir ces jeunes doivent créer son propre emploi. Chaque jeune passe devant le groupe et la formatrice et explique son projet. La jeune fille que nous avons entendu veut devenir esthéticienne à domicile. Elle semble à la fois naîve et volontaire.J'essaie d'imaginer son passé, son futur. Il me semble que , la formatrice  joue très bien son rôle et encourage son ambition tout en lui mettant la réalité devant les yeux.

Après cette visite trop courte, nous convenons de revoir Gérard, à la Maison du 8 mars une semaine plus tard. C'est la maison qui accueille les jeunes femmes qui viennent de la rue et que leurs enfants.

Nous avont eu plus de temps cette fois ci et chacune a pu se présenter et nous expliquer ses projets d'avenir. C'est impressionant et très touchant de réaliser la foi et l'espérance en l'avenir de toutes ces jeunes femmes. Elles veulent être avocates, assistantes sociales, cuisinière, etc... On sent une telle volonté que je suis sûre que plusieurs d'entres elles y arriveront.. même si cela risque de ne pas être facile.

J'ai eu la chance de rester manger avec elles, d'apprécier l'ambiance et de découvrir Gérard l'abuelito (le petit grand père) au milieu de ce beau monde. Les enfants adorent "asifonne": ainsi font font font...:-) il parait qu'ils le reclament même via skype quand Gérard est en Europe.

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Chaque soir, la grande table est déployée dans le hall d'entrée, chacune a son tour est responsable du repas. Le repas est délicieux (je crois qu'il a été amélioré en mon honneur). Les enfants sont pleins de vie. Ils ont l'air d'avoir chacun une mère et une dizaine de tantes.

IMG_7153IMG_7156IMG_7158

Mon appareil ne fonctionnait que par intermitance, je n'ai donc pas pu prendre autant de photos que j'aurais voulu.. mais les images restent dans mes yeux.

Cette maison du 8 mars est sensée être une maison de transition mais c'est difficile à imaginer tellement l'ambiance y est familiale.  Mais le désir d'autonomie est apparemment plus fort, et elles n'y reste que quelques mois.

Nous n'avons pas assez parlé du projet du mojocolat à mon goût mais cette visite m'a en tout cas confortée dans mon envie d'aider ce mouvement avec mes ami(e)s de Belgique et de partager cette envie.

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23 août 2009

Lettre de la rue - Gérard août 2009

Chères amies et amis des filles et des garçons des rues,

Les vacances touchent à leur fin, la rentrée scolaire est proche, on recommence la routine quotidienne, les groupes vont reprendre les réunions et il est temps de rétablir les contacts interrompus par les vacances d’été.  J’espère que vous allez bien et je vous envoie la première lettre des rues de cette fin d’année avec mes amitiés et celles des filles, garçons, travailleuses et travailleurs du Mojoca..

Je suis arrivé au Guatemala le 19 juillet dernier, en compagnie de Nora Habed de notre réseau italien envoyée en mission de formation et de supervision..

Le travail commence sur des chapeaux de roues dès le lendemain de notre arrivée avec une rencontre avec les Quetzalitas et leurs enfants. On ne pouvait mieux commencer.  Puis c’est les réunions avec le comité de gestion, le personnel. Et dès le jeudi, nous commençons nos rencontres avec tes 24 équipes de travail pour examiner avec ceux le rapport sur  les activités du premier semestre, voir ensemble ce qui devrait s’améliorer et comment..  On élabore rapidement un plan de travail, Nora commence les réunions de formation et la participation aux activités de chaque groupe de travail.

Mon premier boulot c’est d’élaborer avec Glenda le rapport du premier semestre, voir jusqu’à quel point les objectifs généraux et particuliers ont été atteints. A cela s’ajoute les activités courantes, recevoir les jeunes et les travailleurs qui frappent à la porte du bureau, les représentants d’associations qui nous soutiennent, entre autres Ellen Verryt de Solidarité Mondiale qui nous accorde en un premier temps 10.000 euros pour les micro-entreprises, qui  insérera le Mojoca dans un projet de trois ans.

Il faut aussi penser au futur, fonder une « entreprise de la rue » qui pourra entre autres produire et vendre le mojocolat. On rêve. On visite une superbe maison de 1.200 m2. Trop cher, trop difficile à entretenir, trop grand pour commencer. Puis, une amie nous offre de reprendre un bistrot où l’on sert deux plats différents le midi, où l’on vend des produits du commerce solidaire,. La maison est située dans un endroit stratégique, près de la maison du président et du parc central. Il y a déjà une clientèle. On rêve de voir des jeunes à la cuisine ou servant les repas ou les boissons. Mais il faut déchanter, la maison n’est pas en bon état, cela coûterait trop de la restaurer. Et elle est trop petite si on veut y installer une boulangerie-pâtisserie et une chocolaterie. Et nous n’avons pas d’argent disponible pour l’instant.

Tout va bien. On pourrait oublier qu’on vit au Guatemala, le far-west du troisième millénaire, un pays sans foi ni loi où les bandes criminelles dominent le pays, les pouvoirs occultes, les mafias où s’emmêlent les trafiquants de drogues, les bandits de tout poil, des militaires et des policiers et, au sommet, des secteurs de l’oligarchie. L’épicentre de l’impunité, comme écrivait justement un  journaliste belge.

Les jeunes qui vivent dans la rue savent ce qe signifie vivre sous la loi des mafias. Ça détruit, ça salit, ça pue, ça tue, c’est la face hideuse sans masque du pouvoir, de l’argent, du mépris des personnes.

Et c’est une jeune femme de 22 ans, mère de trois enfants, qui me ramène durement à la réalité. Je l’ai connue quand elle avait onze ans, à « la novena », la neuvième avenue, une place grouillante, un terminus des bus qui font la navette avec l’intérieur du pays, des trafiquants de drogues, des proxénètes, des tueurs, des détrousseurs, des violeurs. Et au milieu de tout ça, de jeunes enfants candides qui ont tout subi.

J’ appellerai Cinzia cette jeune femme., par discrétion Elle faisait partie d’un groupe des rues d’un quartier périphérique  qui venait se ravitailler en drogue à la « novena ».. Dès qu’elle me vit, elle me tendit les bras. La nuit était déjà tombée. Pour ne pas me quitter, elle faisait semblant de dormir, la tête appuyée sur mon épaule. Elle ne faisait pas son âge, je lui donnais huit ans à peine.. Nous n’avions pas de maison encore et je ne pouvais l’emmener à la pension toute proche où je logeais avec un groupe d’étudiants de l’université de Rome. Je l’aurais fait si des étudiantes m’avaient accompagné, mais les femmes du Mojoca n’allaient pas à la novena, un lieu trop dangereux pour elles. Je   revis Cinzia. J’appris qu’une toute jeune maquerelle  la battait pour l’obliger à subir la violence de pédophiles. Pour supporter, pour oublier, pour être loin de son corps livré à la racaille, elle s’enivrait de colle et de solvant. Elle me demandait une poupée, une enfant sans  enfance dans le pays des ogres. Proie facile de bêtes malfaisantes. Elle disparut sans que je ne puisse rien faire pour elle.  Un poids en plus de tristesse et de préoccupation à porter jour  et nuit.

Je la revis les années suivantes et chaque fois elle me demandait une poupée. Et le miracle eut lieu : Cinzia, une fleur au milieu d’un cloaque, en sortit. Elle se maria, elle eut trois enfants, elle faisait des études brillantes, la première de sa classe, la porte-drapeau », comme on dit dans ce pays de soudards, elle vivait de son travail, elle fabriquait  et vendait des parfums, des produits de nettoyage. Ce n’était pas toujours facile, mais elle allait de l’avant et elle avait commencé les études supérieures. L’université n’était plus loin.

Et à l’improviste, la catastrophe. Une bande de jeunes criminels du misérable quartier où elle vit veulent lui extorquer de l’argent, menacent de la tuer, tentent d’enlever la plus jeunes de ses filles. On lui annonce une  « visite », c’est à dire d’une irruption violente dans sa maison, de viol, de tortures, voire de mort. On la harcèle pour qu’elle aille en prison pour satisfaire les autres voyous de la bande. Puis on tue son frère. Son beau-frère, à bout de forces, se suicide laissant une femme et quatre enfants en bas âge Le sort s’acharne contre elle. . Tout est à refaire, ou presque. Le Mojoca va aider Cinzia à se refaire une vie autre part. Et elle, elle n’abandonne passes rêves, elle ne cède pas, elle veut aller de l’avant. Elle réussira, si elle a la chance d’échapper aux tueurs.

Tout va bien pour le Mojoca jusqu’à 7h30du lundi 3  août dernier, quand sonne le téléphone dans notre maison de la treizième rue. Quelqu’un veut parler avec l’administratrice qui n’est pas encore arrivée. Quand il réussit à parler avec elle, c’est pour lui ordonner de préparer dix mille quetzals pour 11h. Sinon ils la tueront, elle, et puis Glenda et Sara et Naty et Mirna et « el Viejo », le vieux. Les coups de téléphone se succèdent. Nous appelons la police, puis une entreprise privée de sécurité qui nous a déjà aidés il y a un an. Dans ces moments de crise, pas question de convoquer des assemblées. Il faut prendre rapidement des décisions qui pour être efficaces doivent rester confidentielles.  Je prends en main la situation. J’essaie de rassurer jeunes et travailleurs. Les personnes qui ont vécu dans la rue réussissent plus facilement à dominer la peur. D’autres craquent, en premier lieu notre administratrice qui vivait déjà dans l’angoisse pour une des ses filles qui devait subir une opération sérieuse.  Je refuse la proposition de la police de tendre un piège à ceux qui nous menacent, de faire semblant de négocier avec eux, de prendre un rendez-vous, leur donner l’argent et la police les prenait en flagrant délit. Si on a affaire à la bande des « salvatruchas » qui compte des dizaines de milliers d’affiliés, on prend des risques insensés parce que c’est impossible de protéger des jeunes qui dorment dans la rue, ou qui se déplacent d’une maison à l’autre. Ceux qui nous menacent se réclament de cettebande. C’est de bonne guerre. On décide de ne plus leur parler quand on se rend compte que c’est eux qui appellent. On met hors circuit le téléphone du huit mars. Ils essaient encore de téléphoner cinq fois de suite. Puis c’est le silence. Ils ont compris qu’on ne leur donnera rien. Tout est fini. Au moins, on l’espère. Ça se passe souvent comme ça. En général les tentatives d’extorsion s partent des prisons et ils abandonnent quand on ne leur cède pas. Mais on ne sait jamais et il faut attendre qu’ils agissent, qu’ils mettent leur menace à exécution pour savoir vraiment à qui ont a affaire. On est soulagé le matin de voir qu’il ne manque personne. On demande de placer un garde armé 24 heures sur 24 à la maison de l’amitié et une privée à la  maison du huit mars pour la nuit. Elle a de bons rapports avec les filles, mais elle ronfle comme un régiment de grenadiers  pendant la nuit et n’entend pas les bruits les plus épouvantables comme celui, la nuit dernière d’un choc violent entre deux voitures. On aurait cru qu’on enfonçait la porte de la maison.. Tout le monde s’est réveillé sauf elle. Maintenant que tout le monde est rassuré on peut se passer de ses services. J’avoue pour ma part que je suis plus tranquille sans garde.

On prend aussi d’autres précautions, on change tous les jours les heures d’entrée et de sorite, on modifie continuellement les itinéraires, on ne prend jamais le bus au même endroit. Ça me rappelle la résistance. On ne va quand même pas avoir peur de ces minables, de ces couillons !

L’alerte est finie, mais l´épreuve a provoqué des dégâts. Notre administratrice, qui faisait de l’excellent travail, a démissionné. D’autres ont présenté à leur tour leur  démission, puis l’oint retirée. Le travail s’est ralenti. Mais le groupe a été plus uni et on a appris comment réagir et comment ne plus commettre d’erreurs. Et maintenant, il nous faut nouvelle coordinatrice ou coordinateur du département d’administration. Pas facile!.

La tempête commençait à se calmer lorsque nous avons eu la joie de la visite de Léna, Sandrine et Françoise Devers de notre groupe mojocolat de Bruxelles. Elles vous diront ce qu’elles ont vu, l’alerte du premier jour de leur visite,quand on pensait qu’une femme surveillait les allées et venues du mojoca, le garde armé à l’entrée de la maison, la rencontre avec les filles et les enfants du huit marsnb,le repas du soir qu’on a partagé.

On vient de lancer une grande campagne de soins dentaires et des yeux pour tous les enfants et jeunes des rues et du Mojoca  La vie continue son cours comme un long fleuve tranquille..

Je vous ai dit l’essentiel de ce premier mois. J’espère que les nouvelles seront meilleures le prochain  mois..

Je persiste et signe :  Gérard surnommé  Gerardo ou l’abuelo (aio, l3lo, etc.) ou el viejo.  /ya plus de respect !).

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